Cas pratique
Athlète pro en fin de carrière — structurer les 3 dernières saisons
Profil
Sportive haut niveau, 29 ans, célibataire, revenus très variables
Problématique
Fin de carrière à ~2 ans, revenus en pic, aucune structure fiscale, reconversion à financer.
Le contexte
Léa M. me contacte via un ami commun, également sportif. 29 ans, athlète pro dans une discipline individuelle. Sa dernière grosse saison approche — elle sait qu’elle arrêtera dans 18 à 24 mois. Elle veut reprendre un cursus universitaire en parallèle puis lancer une structure dans le coaching technique.
Situation financière à l’arrivée :
- Revenus 2024 : 220 k€ (primes, sponsors, prize money)
- Revenus projetés 2025 : 260 k€
- Revenus projetés 2026 : 90 k€ (dernière saison partielle)
- Revenus 2027 : inconnus, probablement proches de 0
- Patrimoine : 150 k€ sur compte courant et livret A, aucune autre enveloppe
- Aucun contrat d’assurance-vie, aucun PER, aucun PEA
- TMI actuelle : 45%
Les enjeux prioritaires
1. Capturer la fiscalité avant que la fenêtre se ferme. Deux années à TMI 45%, puis vraisemblablement TMI 11-30% pour les 3-5 années suivantes. C’est le moment de déduire massivement.
2. Construire un « matelas de reconversion ». Il faut que Léa puisse vivre 2 à 4 ans sans revenus significatifs pendant sa formation et le lancement de son projet — sans piocher dans un capital à long terme.
3. Protéger une partie du capital sur 20 ans pour ne pas finir la quarantaine avec zéro patrimoine retraite.
La stratégie mise en œuvre
2024 (rétroactif partiel) & 2025 — les années pleines
PER — versement maximal :
- Plafond calculé sur les revenus professionnels : ~28 k€ la première année, ~35 k€ la seconde.
- Total versé sur 2 ans : ~60 k€.
- Économie d’impôt captée : ~27 k€.
Assurance-vie — ouverture immédiate :
- Contrat premium (frais 0% d’entrée), versement initial 80 k€, puis 5 k€/mois.
- Allocation 30% fonds euros / 70% UC long terme.
- Objectif : antériorité 8 ans atteinte à 37 ans, soit pile au moment où elle pourra en avoir besoin en tant que complément.
PEA :
- Ouverture pour figer le point de départ des 5 ans (fiscalité).
- Versement initial 20 k€, construction progressive sur ETF monde.
Lissage fiscal exceptionnel :
- Activation de l’article 163-0-A pour la prime exceptionnelle 2025 → quotient appliqué, TMI effective ramenée de 45% à 33% sur cette tranche.
- Gain ~14 k€.
2026 — l’année charnière
- Pause sur PER (TMI qui descend — plus rentable de préserver le plafond pour plus tard ou d’utiliser les droits non-utilisés).
- Ouverture d’une poche « matelas reconversion » : 80 k€ en livrets diversifiés (Livret A, LDDS, LEP) + comptes à terme.
- Ce matelas couvre 2,5 à 3 ans de vie sans revenu.
2027+ — la transition
- Mise en place d’une SASU pour encaisser les futurs revenus de coaching / partenariats d’image.
- Versement sur le PER repris dès que TMI dépasse 30% à nouveau.
- Poursuite des versements mensuels AV pour ne pas casser l’automatisme.
Le résultat projeté
| Indicateur | Sans accompagnement (hypothèse) | Avec stratégie |
|---|---|---|
| Impôts 2024-2025 évités | 0 | ~41 k€ |
| Patrimoine enveloppes fiscales fin 2026 | 0 | ~160 k€ |
| Matelas disponible pour reconversion | 200 k€ (compte courant) | 80 k€ + 160 k€ enveloppes utilisables |
| Patrimoine retraite à 50 ans projeté | — | ~450 k€ |
Ce que Léa en dit
« J’avais l’impression que les conseillers patrimoniaux étaient pour les retraités. Quand j’ai compris qu’on pouvait faire travailler mes deux ou trois dernières saisons pour les vingt qui suivent, j’ai réalisé qu’il était presque trop tard — mais qu’il me restait une vraie marge. Camil comprend le tempo d’une carrière sportive, c’est précieux. »
Ce que ça illustre
Les sportifs professionnels ont une fiscalité exceptionnellement violente en fin de carrière. Les deux ou trois dernières années à TMI 45% représentent souvent plus d’impôts cumulés que les dix années précédentes. C’est précisément le moment où l’activation du PER, d’une AV robuste et des mécanismes de lissage (163-0-A) peut transformer la trajectoire d’après-carrière.
Ne pas y penser, c’est perdre l’équivalent de plusieurs années de salaire en fiscalité non optimisée. Le cas de Léa est à cet égard la règle, pas l’exception.
Cas présenté avec accord de la cliente. Prénom changé, chiffres arrondis pour préserver la confidentialité.