Cas pratique
Dirigeant SaaS, 42 ans — restructurer 10 ans d'épargne désordonnée
Profil
Fondateur SaaS, marié 2 enfants, patrimoine ~1,2 M€
Problématique
Épargne éparpillée sans cohérence, fiscalité du dirigeant non optimisée, préparation de la cession à 5 ans.
La situation de départ
Thomas R. me contacte en janvier. 42 ans, fondateur d’un SaaS B2B rentable depuis 3 ans, marié, deux enfants de 8 et 11 ans. Il n’a jamais eu de conseiller — il a « fait comme il pouvait » pendant dix ans.
Patrimoine existant :
- Résidence principale : 650 k€ (crédit en cours, CRD 280 k€)
- Assurance-vie bancaire : 180 k€, 100% fonds euros, 12 ans d’antériorité
- PEA : 45 k€, 8 lignes en direct, concentrées sur 4 titres français
- Comptes courants et livrets : 240 k€ qui dorment
- Titres de sa société : valorisation informelle ~1,5 M€ (non intégrée au patrimoine liquide)
Revenus :
- Salaire dirigeant : 110 k€ brut / an
- Dividendes : 80 k€ / an
TMI : 41%. Objectif annoncé : « je veux savoir où je vais ».
Ce qu’on a identifié à l’audit
Trois angles morts majeurs :
1. 240 k€ qui perdent 4% par an (inflation vs rémunération livrets). Sur 5 ans, c’est l’équivalent d’un an de dépenses du foyer qui s’évapore.
2. Aucune défiscalisation active à TMI 41%. Le PER est absent du dispositif. Rien que sur un versement annuel de 30 k€, c’est 12 300 € d’économie d’impôt non captée chaque année.
3. Zéro préparation transmission alors que les enfants grandissent et qu’une cession est planifiée à horizon 4-5 ans.
La stratégie mise en place (6 mois)
Couche 1 — Réactiver les liquidités dormantes
- Rapatriement de 180 k€ sur un nouveau contrat d’AV (frais d’entrée 0%, univers UC diversifié) — conservation de l’ancien contrat pour l’antériorité.
- Allocation 40% fonds euros / 60% UC (ETF monde + SCPI européennes).
- Maintien de 60 k€ en liquidités pour la trésorerie courante.
Couche 2 — Activer le PER
- Versement initial de 30 k€ la première année, programmation de 20 k€/an ensuite.
- Gestion libre, allocation dynamique (80% actions / 20% obligataire).
- Économie d’impôt la première année : 12 300 € → réinvestis en SCPI européennes à crédit (voir couche 3).
Couche 3 — Monter un investissement SCPI à crédit
- 250 k€ de SCPI européennes (2 véhicules, diversification géographique).
- Crédit in fine 15 ans avec assurance-vie adossée.
- Intérêts déductibles, quote-part européenne exonérée de PS → rendement net ~4,2% vs 2,1% en SCPI française classique à même TMI.
Couche 4 — Préparer transmission & cession
- Mise à jour des clauses bénéficiaires AV (auparavant rédigée « héritiers » — désormais nominative pour conjoint puis enfants).
- Donation-partage préparée pour 2027 : 100 k€ par parent à chaque enfant en nue-propriété sur parts SCPI.
- Mise en place d’un pacte Dutreil sur les titres société en vue de la cession (horizon 4-5 ans).
Le résultat à 18 mois
| Indicateur | Avant | Après 18 mois |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu payé | 52 k€/an | 38 k€/an |
| Revenus nets patrimoine | ~2 k€ | ~14 k€ |
| Liquidités improductives | 240 k€ | 60 k€ |
| Enveloppes fiscales actives | 1 | 4 (AV, PER, PEA, SCPI) |
| Transmission préparée | Non | Oui (structure en place) |
Gain fiscal cumulé sur 18 mois : ~21 k€. Gain de rendement sur les capitaux réactivés : ~11 k€/an récurrents.
Ce que Thomas en dit
« Ce qui m’a convaincu, c’est qu’à aucun moment Camil n’a essayé de me vendre quoi que ce soit. On a d’abord passé trois rendez-vous à comprendre ma situation avant qu’il ne propose la moindre action. Aujourd’hui je sais où je vais, et je dors mieux. »
Ce que ça illustre
Un patrimoine construit « au fil de l’eau » est rarement catastrophique — mais il laisse systématiquement 15 à 30% de valeur sur la table. La restructuration ne consiste pas à tout casser : elle consiste à remettre chaque brique à la bonne place, dans la bonne enveloppe, avec la bonne fiscalité. Ça se fait calmement, sur 6 à 18 mois, et ça change la trajectoire sur 20 ans.
Cas présenté avec accord du client. Prénom réel, nom abrégé. Chiffres légèrement ajustés pour préserver la confidentialité.